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| | "Le massacre du vendredi saint". | La série 1984 reste un moment d'anthologie
pour les amateurs. Certains matchs sont d'ailleurs régulièrement
rediffuser à la télévision. Le paroxysme de cette
guerre a une date : le Vendredi 13 Avril 1984 plus connut sous le
nom du << Massacre du Vendredi saint >>. On en est au
cinquième match de la série et les entraîneurs
des deux équipes (Michel Bergeron pour Québec et Jacques
Lemaire pour Montréal) s'envoient des amabilités
pendant toute la semaine par médias interposer. Partout la
tension est palpable : vestiaires, tribune, et même parmi les
journalistes des quotidiens de Montréal et de Québec
En fin de deuxième période, une bagarre générale
éclate avec pour principaux protagonistes Mario Tremblay, Doug
Risebrough pour les Canadiens, Dale hunter, Peter Stastny ou Alain
Côté pour les Nordiques. Les coups sournois fusent de
tout les côtés. Jean Hamel, blessé à un
il ne jouera d'ailleurs plus jamais au hockey. A la rentrée
des vestiaires les joueurs relancèrent les hostilités
pendant plus de 45 minutes, interprétant une chorégraphie
pugilistique sur glace qui restera dans les mémoires
notamment des arbitres. Denis Morel officiel décrit ces confrontations
de la sorte : << Il fallait surtout garder
la tête froide. Chaque année j'avais le privilège
de travailler pour un ou deux matchs de cette immense rivalité.
Il y avait bien les batailles entre les Rangers et les islanders de
New York, ou entre les Oilers et les Flames, mais rien n'égalait
ce qui se passait entre le Canadien et les Nordiques. C'était
une grande fierté car on savait qu'après être
passé par un Québec-Montréal, on serait capable
de faire face à n'importe quelle situation >>Pour
la petite histoire les Canadiens enlevèrent la série
dans ce contexte pacifiste
Toute la province attend la revanche. Celle ci survient l'année
suivante. Les retrouvailles de 1985 permettront aux Nordiques de
se venger en s'imposant en prolongation du 7ème match
et ce au forum ! Le vrai fan des Nordiques peut encore vous parler
du but de Peter Statsny pendant des heures
Les Nordiques chuteront
en finale de conférence face au Flyers dans ce qui restera
la meilleure performance de leur histoire.
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| | Le but de Peter Stastny lors du septième match 1985 | Après la victoire en coupe des Canadiens lors de la saison
1986, les deux équipes se retrouveront en 1987 pour une série
qui ira jusqu'au
7éme match ! Les Canadiens l'emportent
dans la controverse après qu'un but d'Alain côté
pour les Nordiques ait été refusé par l'arbitre
Kerry Fraser (qui d'ailleurs n'a pas intérêt
à s'aventurer dans les rues de Québec même
aujourd'hui!). Ce feuilleton se poursuit donc dans le drame,
la violence, les controverses, les injustices, tous les ingrédients
qu'il faut pour écrire un scénario unique.
Malheureusement, les Nordiques et ce en raison d'une mauvaise
gestion vont traverser cinq années de vaches très
très maigres qui leur vaudra le surnom peut valorisant de
Nordindes ! Pas de séries donc et pas d'adrénaline,
les Canadiens retrouvent leur suprématie avec Patrick Roy
qui domine son poste. Pourtant, c'est pendant ces années
que les Fleurdélysées vont pouvoir repêcher
des Joe Sakic, Owen Nolan, Mats Sundin, Peter Forsberg. Les Nordiques
(prémices de la puissance de l'Avalanche) recommencent
à dominer la ligue et affrontent en grand favori les Glorieux
au premier tour des séries 1993. Après avoir remporté
leurs deux premiers matchs au Colisée, les Nordiques vont
voir se métamorphosé Patrick Roy en véritable
divinité ! S'ensuivent trois victoires consécutives
en prolongation pour la sainte flanelle. Le sixième et dernier
match entre les deux équipes en play-off se terminera par
une victoire 6-2 des canadiens. Ceux ci s'envoleront ensuite
vers leur 24ème et dernière coupe Stanley à
ce jour.
Dix ans sont donc passés depuis la dernière série
entre les Canadiens et les Nordiques. En 2003, les Canadiens n'arrivent
plus à faire les séries deux ans d'affilée,
les nordiques sont devenues des bêtes à gagner dans
les rocheuses, et ce avec un certain Patrick Roy devant le filet
(comble du comble
). Le forum est transformé en bureau
et en parking et le Canadien joue dans une antre impersonnelle qui
change de nom comme on change de manteau. Le Colisée n'accueille
plus guerre que quelques concerts, de vagues matchs de Hockey de
tant a autres.
La passion engendrée par la proximité de ces deux
équipes est retombée comme un soufflet et bon nombre
de partisans ne s'intéressent plus au hockey dorénavant,
signe qu'il y avait quelque chose de symbolique dans cette
confrontation. Le sacrifice d'une cité toute entière
dévoué au Hockey sur l'autel du Dieu Dollars
a anéantit ce qui fait l'âme de ce sport et ce
qui en fait aussi sa légende (on peut douter qu'un Nashville-Anaheim
puisse provoquer autant de souvenirs
).
Maintenant, il n'y a plus de matchs, la route numéro
20 n'est plus franchement le théâtre d'une
excitation les jours de matchs. Il y a même fort à
parier que les fantômes des Canadiens doivent être nostalgiques
des petits bizuths qui un jour ont eu l'audace de les provoquer,
un certain 13 octobre 1979...
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